Sans Titre 1&2

Publié le par no-ddict

Pour inaugurer cette partie qui concerne juste des trucs que j'écris sans grands rapports avec le cours actuel de mon blog, voici deux textes écrits cet été.

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"Les odeurs, comme les sons musicaux, sont de rares sublimateurs de l'essence de la mémoire." 

Des rares souvenirs heureux qui hantent ma mémoire, la plupart sont liés aux sens. La sensation rugueuse d'une paroi d'escalade, la douce caresse du pelage de mon chat, le goût de la gelée de framboise encore chaude, celui de mon premier baiser, toutes ces choses se bousculent lorsqu'un événement les fait ressurgir. Ne vous est-il jamais arrivé de vous retrouver dans votre enfance, après avoir senti fondre sur votre langue un morceau de gâteau ? Et les sons...une boite à musique tintant au loin, le chant des oiseaux, le bruit des pas de mes proches, une musique bien particulière qui s'accroche à un souvenir plus ou moins douloureux. L'odeur du parfum de ma mère, tendre, suave et captivant que je retrouvais sur les écharpes qu'elle laissait lorsqu'elle partait sans moi, les vieux livres que je parcourais parfois, avide des histoires qui comblaient mon imagination d'enfant, les volutes sucrées qui s'échappaient de la cuisine, et celles plus amères des larmes du premier chagrin d'amour.

 

Et il y a toutes ces choses que je voudrais oublier et qui pourtant surnagent, menaçant de me noyer si j'y accorde ne serait-ce qu'un instant, une attention. Si seulement c'était possible...Comment lutter lorsque, proche du sommeil, je sens ton odeur dans mes draps et l'image de ton corps contre le mien me submerge, les sensations de nos mains frôlant l'autre, tes soupirs à mon oreille. L'envie de pleurer me reprends, ma gorge se serre, je te cherche à mes côtés pour me rendre à l'évidence : il ne me reste que tes mots, cruels, blessants, assassins, et pourtant tellement compréhensibles. Alors je me blottis contre l'oreiller qui sent tellement toi, et j'essaie d'oublier à quel point j'ai envie que tu le remplaces. Fermant les yeux, je revois ton visage endormi, ton torse qui se soulève au rythme de ta respiration lente et paisible. L'envie de t'embrasser doucement, comme on frôlerait une statue, m'avait pris mais je n'ai rien fait, de peur de te réveiller et de perdre cette vision si tranquille. Je m'étais alors recouchée contre toi, mes doigts vagabondant sur la peau, plus légers que des plumes, veillant sans un mot sur ton sommeil.

Rien n'y fait, les souvenirs de nous, de la chaleur qui se dégageait de ton corps, des battements de ton coeur, rien ne m'est épargné. Je me lève et met en route la musique, pour essayer de faire taire mon esprit. Mais chaque chanson me fait penser à toi, chacune résonne en moi, tes mots, tes mains, ton sourire, ta peau. Je monte le son, laissant la musique m'envahir, surtout ne pas écouter les paroles, qui n'en deviennent que plus oppressantes. Et de nouveau, les larmes, le souvenir de tes bras qui m'accueillaient dès que je le demandais, cette façon dont nous sommes si proches, cette proximité que j'ai voulu changer...pour au final écailler ce qui comptait réellement. Tes doigts, caressant les miens, je voudrais pouvoir les embrasser à nouveau, te ramener auprès de moi et juste rester, sage, immobile. Te regarder te lever pour au final te recoucher près de moi dans un rire et m'entrainer dans une nouvelle sieste au creux de ton cou.

 

Deux jours que tu es rentré chez toi, deux jours d'une longueur démesurée tant j'ai perdu le sommeil, obsédée par ces souvenirs que tu as laissé sur moi, chez moi, partout. Et je t'ai dis au revoir avec cet éternel sourire que tu connais, aucune trace de ce qui me ronge, juste un sourire pour te regarder partir alors que l'envie de te rattraper m'étouffe. Depuis, j'attend. Un appel, un sms, un signe de toi autre que qu'une présence virtuelle, juste quelque chose qui me montrera que je ne t'ai pas perdu. J'aimerais que tu reviennes, que nous puissions reprendre là où tu as stoppé, mais j'attendrais. Un signe...un de plus...

 

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''I only wish you weren't my friend. Then I could hurt you in the end."

Il est des nuits étranges où tout semble réalisable, où mes rêves se confondent à la réalité. Et cette nuit-là en a fait partie. Son corps contre le mien, assoupi, détendu, sa respiration lente et mesurée, mes ongles sur son torse, allant et venant dans une danse d'une lenteur extrème. Ne pas le brusquer, le mener lentement mais surement à l'idée que rien n'est plus doux, plus normal que deux corps à l'unisson. Ses mains courant sur mon corps, les miennes s'aventurant sur ces endroits qui le font frémir, mais rien de trop osé, laisser l'idée germer dans son esprit. Je sais que ce n'est pas de l'amour, juste du désir, mais mon coeur ne peut s'empêcher de battre à tout rompre quand ses yeux rencontrent les miens, avant de se refermer, la bouche entre-ouverte, réaction à mes doigts parcourant une peau si douce, si sensible. Quelques mots et je lui ai offert ce que je n'aurais jamais du lui donner, soumise, à genoux devant son désir...Juste quelques mots et un espoir grandissant au plus profond de moi...Etincelle née de ses lèvres, rayonnant au creux de mon ventre pour finir noyée, sans espoir, juste ses mots, encore. Légitimes et pourtant blessants, logiques et tellement froids. Et pourtant...s'il savait à quel point j'ai envie de replonger mon regard dans le sien, lui murmurer que je ferais tout ce qu'il veux, sentir son corps bouger contre le mien...

 

Il est des nuits étranges où tout semble juste impossible, où mes cauchemards semblent prendre vie. Et cette nuit-là en a fait partie. Le portable dans la main, les yeux rivés à l'écran, je n'arrive juste pas à réaliser. L'impression de sentir un poignard transpercer mon coeur, l'envie de juste hurler ma douleur et ma peine. Mon univers s'est brusquement réduit à ses mots qui m'ont paru bien assassins que ceux qu'il m'avait déjà dit. Blessée...mais ni dans mon égo ni dans mon intégrité...juste dans la confiance que je lui accordais. A croire qu'on peut toujours tomber plus bas. C'est donc à ça que servent les amis, puisqu'il m'a déjà qualifiée comme telle pour se débarrasser de ce qu'il ne voulais pas. Juste une amie, à appeler quand on en a besoin, à utiliser tant qu'on le souhaite, à jeter comme si de rien était. Juste une amie, la bonne poire, celle qui écoute toujours et ne parle que pour réconforter, celle qui ne contredit jamais. Les larmes étaient bien là, je pouvais les sentir, pourtant aucune n'est sortie. Mes mains tremblaient, la colère et la tristesse mêlées, et tout ce à quoi je pensais, c'était lui, dans d'autres circonstances, dans d'autres instants maintenant révolus. Un couteau dans le dos, un poignard dans le coeur, des larmes brulantes qui refusent de couler, mais rien ne semble lui rappeler qu'il n'est pas le seul à se sentir trahi. Et pourtant...s'il savait à quel point j'ai envie de replonger mon regard dans le sien, lui murmurer qu'il me manque, sentir son sourire illuminer sa voix...

 

Il est des nuits étranges où tout semble juste irréel, où ma vie est limpide et tranquille et malgré tout je n'arrive pas à fermer les yeux. Et cette nuit-là en fait partie. La douleur est bien présente, mais elle est maintenant partie intégrante de moi. Les doigts sur le clavier, j'espère voir son nom clignotter pendant que j'écris, ses bras et sa façon d'être me manquent, mais il est bien plus facile de rayer quelqu'un de sa vie que d'essayer de parler et de comprendre. Il n'a plus de nom, il est juste « Lui », tellement plus simple de ne pas lui donner de caractères définis pour ne plus me rappeler ce qu faisait qu'il était unique. Comme dans cette chanson que nous aimions tant écouter, je suis désolé, dans tous les cas, au revoir... Juste ça...

"Symmetry and shadows I can't hide...I just want to be right by your side "

 

 

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